L'Effondras

Pour présenter le groupe, rien de mieux que cette chronique, parue dans Noise :

"Énigmatique. le trio burgien ◉ (prononcez L’Effondras) l’est assurément. Leur patronyme un poil ésotérique l’illustre d’emblée avec aplomb. Adeptes d’une pratique strictement instrumentale, on pourrait qualifier leur démarche d’invitation à l’errance chaotique, dans un registre déjà balisé par d’autres formations depuis les premières expé­rimentations déjà anciennes de La Monte Young. Malaxant à l’envie matière sonique et phrases musicales en des circonvolutions infinies. Nicolas Bernollin. Batteur épileptique déjà repéré chez Ni. et ses deux Pierre (Lejeune et Josserand) aux diverses guitares et claviers, s’emploient à téléporter l’auditeur dans un dédale d’atmosphères ondulantes, traversé d’irrépressibles flux et de fracas aussi soudains que libérateurs. Car toute l’efficacité de ces ombrageux esthètes de la répétition repose sur la tension qu’ils installent tout au long des neuf, onze, treize, voire dix-sept minutes sur lesquelles s’étirent leurs compositions, puis de sa résolution dans un crescendo en spirale, une rupture inattendue ou le retour brutal au silen­ce. Si le procédé a déjà fait les beaux jours de toute la scène drone et post-rock, et que L’Effondras peut sans conteste être classé dans les parages de Earth (période Hex), des Swans ère Soundtracks for the Blind, du Mogwai de Corne On Die Young, voire de Low sur son versant divagation, le groupe se démarque de ses influences ou de ses inspirations subliminales par une approche moins chirurgicale et désincarnée que nombre de formations de l’après-rock. Le lien avec le blues et ses accords charnels apporte une chaleur somme toute inédite à la formule tout instrumental, et les télescopages entre le jeu de batterie toujours empreint de math rock de Bernollin (même si donnant plus libre cours à sa créativité) et les guitares tissant des arabesques en harmonies bleues produisent l’alchimie qui emporte l’adhésion et captive les auditoires. En version live, le trio s’avère en effet redoutable, à l’aise aussi bien dans les séquences minimalistes à notes fragiles que dans les démonstrations de puissance brutale, maîtrisant parfaitement le dosage entre subtilité et sauvagerie. l’Effondras parvient à susciter de sacrés frissons de contentement."

Discographie arbouse recordings